MA PREMIÈRE ANNÉE À GENÈVE

Tenir sur la durée

Le mental, l’autre défi de la première année.

Travailler avec régularité, gérer la pression et récupérer font partie du même parcours. Voici des repères pour préserver ton énergie et trois exercices guidés à retrouver quand tu en as besoin.

3 vidéos guidées · Environ 10 minutes de vidéo au total

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Ce que tu peux ressentir cette année

La première année de médecine demande du travail, de la rigueur et de l’engagement. Elle peut aussi te solliciter sur le plan mental et physique. Apprendre à reconnaître ton état, à récupérer et à ajuster ton rythme fait donc partie de la préparation de cette année.

À certains moments, tu peux te reconnaître dans une ou plusieurs de ces situations :

  • Tu te sens fatigué dès le réveil, même après une nuit qui te semblait complète.
  • Tu as du mal à rester concentré et tu relis plusieurs fois sans retenir grand-chose.
  • Ton sommeil devient irrégulier ou les pensées continuent de tourner au moment de te coucher.
  • Tu remarques des tensions dans la nuque, les mâchoires ou les épaules.
  • La pression monte avant un QCM, un examen blanc ou une journée importante.
  • Tu te compares aux autres et tu as l’impression de ne jamais en faire assez.

Ces sensations méritent ton attention. Elles ne résument ni tes capacités ni ton engagement. Tu peux être motivé et ressentir de la pression, bien travailler et douter, avoir de bonnes habitudes et connaître une période de saturation.

Quand les pensées deviennent très exigeantes — « il faut que je réussisse », « je n’ai pas le droit de me tromper » —, prends un moment pour remarquer ce qu’elles changent dans ta manière de travailler. Est-ce que tu avances encore, ou est-ce que tu forces sans vraiment intégrer ?

Ton état compte autant que ton emploi du temps. L’objectif n’est pas de supprimer toute difficulté, mais de repérer les moments où tu as besoin de souffler, de récupérer ou de modifier ta façon d’aborder une tâche.

Comprendre le stress

Le stress est une réaction face à une situation perçue comme importante ou exigeante. Ponctuellement, il peut t’aider à te mobiliser. Mais lorsque la pression s’installe et laisse peu de place à la récupération, elle peut devenir plus difficile à vivre.

Une image simple : imagine le stress comme l’accélérateur d’une voiture. Il sert à avancer, mais tu n’as pas besoin de le maintenir enfoncé en permanence. Dans une année chargée, le travail, l’enjeu du classement et la comparaison peuvent te donner l’impression qu’il faut toujours accélérer.

Reconnaître le cercle qui s’installe

Avec l’intention de bien faire, tu peux supprimer tes pauses, prolonger une session peu productive ou culpabiliser dès que tu ralentis. La fatigue s’accumule alors, la concentration devient plus difficile et cela ajoute encore de la pression.

Tension, fatigue, difficulté à se concentrer, nouvelle tension : remarquer cet enchaînement permet de chercher où introduire une pause. Il ne s’agit pas de te reprocher de stresser, ni d’ajouter une nouvelle chose à réussir.

Passer par des gestes concrets

Se dire « calme-toi » ne suffit pas toujours. Tu peux aussi porter ton attention sur ta respiration, sur les points d’appui de ton corps ou sur tes épaules. Les exercices proposés plus bas utilisent ces repères pour t’inviter à relâcher les tensions et à faire une transition dans ta journée.

Le but est d’apprendre à reconnaître ce dont tu as besoin à un moment donné : récupérer après une longue session, te recentrer devant un QCM ou marquer la fin du travail. Quelques minutes peuvent être l’occasion de faire le point, sans attendre d’être complètement saturé.

Les bases pour tenir sur la durée

Les méthodes de travail, les fiches et l’organisation ont leur place. Mais ton corps est aussi ton outil de travail. L’alimentation, le repos et les moments où tu décroches méritent donc une place dans ton quotidien.

Garder de vrais moments pour manger

Quand tu es fatigué ou pressé, il est tentant de remplacer les repas par du grignotage et de multiplier les cafés pour tenir. Essaie de préserver de vrais repas, avec des aliments variés, et de penser à boire de l’eau au cours de la journée.

Manger devient vite une variable d’ajustement quand le planning déborde. Pourtant, ces moments peuvent aussi t’aider à sortir de ta session de travail et à retrouver un rythme plus régulier.

Faire une place au sommeil

Se coucher très tard pour terminer un chapitre peut donner l’impression de gagner du temps. Mais le lendemain, la fatigue peut compliquer l’apprentissage. Le sommeil fait partie de ta récupération : essaie de ne pas le traiter comme le temps qui reste une fois tout le travail terminé.

À l’inverse, dormir ne doit pas devenir une épreuve supplémentaire. Les pensées comme « il faut absolument que je dorme parfaitement » ou « si je dors mal, tout est perdu » peuvent ajouter de la pression au moment du coucher.

Faire des pauses et garder des liens

Tu peux avoir l’impression de ne plus avoir le temps de voir tes amis ou ta famille. Pourtant, une discussion, un moment partagé ou une vraie coupure peuvent t’aider à prendre du recul. Tu n’as pas besoin d’attendre la fin de l’année pour t’autoriser ces moments.

De même, une pause n’a pas à être gagnée en atteignant l’épuisement. Si tu relis sans intégrer, remarque ce qui se passe et demande-toi si prolonger la session est encore utile. Faire davantage d’heures n’est pas toujours la réponse à une baisse de concentration.

Préparer aussi ta manière de réagir

La préparation mentale ne consiste pas à penser positif en permanence. Ici, il s’agit surtout de reconnaître la fatigue, la tension ou la saturation, puis d’avoir quelques gestes simples à essayer quand ces états apparaissent.

Les exercices de respiration et de relâchement peuvent devenir des repères : après une longue session, avant un examen blanc ou à la fin de la journée. Tu n’as pas besoin de tous les faire à chaque fois. L’idée est de choisir celui qui correspond au moment que tu traverses.

Cette année ressemble davantage à un marathon qu’à un sprint. Tu n’as pas besoin d’être parfait sur toutes ces bases. Cherche un équilibre que tu peux maintenir, et ajuste-le au fil des semaines.

Choisir un exercice

Trois moments, trois exercices à essayer à ton rythme. Tu peux regarder une démonstration, puis suivre les consignes écrites.

Pratique sans forcer, dans une position stable et avec une respiration confortable. Si tu ressens une gêne ou des vertiges, arrête le mouvement et reprends une respiration naturelle.

Après une session de travail

Évacuer les tensions

3 min 21

Tu relis ton cours sans vraiment intégrer, ta concentration baisse ou tes épaules sont tendues ? Accorde-toi un moment pour relâcher le corps avant de repartir.

Pompage des épaules · Vidéo guidée en français, avec sous-titres incrustés.

Comment faire

  1. Mets-toi debout, le dos droit sans raideur, les épaules relâchées et la tête droite. Tu peux fermer les yeux si tu te sens stable.
  2. Serre les poings et inspire par le nez, sans forcer.
  3. Retiens brièvement ton souffle, si cela reste confortable, puis monte et descends les épaules plusieurs fois.
  4. Expire par la bouche en ouvrant les mains et en relâchant les épaules.
  5. Prends un instant pour ressentir les sensations dans tes épaules et ton buste. Recommence trois fois, à ton rythme.
  6. Reste quelques secondes tranquille, avec une respiration naturelle, avant de reprendre ton travail.

À retenir. Une pause peut aussi servir à remarquer tes tensions et à retrouver de la disponibilité pour la suite.

Avant un QCM ou un examen blanc

Retrouver le calme

3 min 33

Ton cœur s’accélère, tes pensées s’emballent et tu perds en clarté ? Cet exercice propose de ramener ton attention vers les appuis du corps et ta respiration.

Soufflet thoracique · Vidéo guidée en français, avec sous-titres incrustés.

Comment faire

  1. Assieds-toi, les deux pieds au sol et le bas du dos soutenu par le dossier. Ferme les yeux si tu le souhaites.
  2. Prends le temps de sentir tes points d’appui : les pieds, l’assise et le dos.
  3. Porte ton attention sur tes côtes, qui se soulèvent et s’abaissent avec la respiration.
  4. Inspire doucement par le nez en comptant jusqu’à trois dans ta tête.
  5. Expire doucement par la bouche en comptant jusqu’à quatre. Adapte le rythme si nécessaire pour rester à l’aise.
  6. Recommence trois fois, puis retrouve une respiration naturelle. Observe tes sensations avant de revenir à ta tâche.

À retenir. L’objectif est de te recentrer, sans chercher à obtenir un résultat immédiat ni une respiration parfaite.

À la fin de la journée

Passer en mode repos

3 min 38

Ta journée de travail est terminée, mais tu as du mal à décrocher ? Marque la transition avec quelques mouvements de relâchement, par exemple avant la douche du soir.

Hémicorps · Vidéo guidée en français, avec sous-titres incrustés.

Comment faire

  1. Tiens-toi debout, les pieds écartés de la largeur du bassin, le dos droit, les épaules, les bras et les mains relâchés. Tu peux garder les yeux ouverts pour ton équilibre.
  2. Déplace doucement ton poids sur une jambe et lève le bras du même côté.
  3. Inspire par le nez. Si cela reste confortable, retiens brièvement ton souffle en étirant le bras vers le plafond et en mobilisant ce côté du corps, sans douleur.
  4. Relâche le bras et expire par la bouche. Reviens au centre.
  5. Répète le mouvement de l’autre côté, puis avec les deux bras en formant un V.
  6. Prends un moment pour observer les sensations dans l’ensemble du corps, en respirant naturellement.

À retenir. Une fin de journée identifiable aide à faire une place au repos dans ton emploi du temps.

Préserver ton sommeil

Le sommeil participe à la récupération et à la mémorisation. Quand ton rythme change et que les préoccupations s’accumulent, il peut devenir plus fragile. Prendre soin de tes nuits commence aussi par la place que tu donnes au repos dans la journée.

Repérer ce qui te gêne

Les difficultés ne se présentent pas toutes de la même façon : tu peux avoir du mal à t’endormir, te réveiller pendant la nuit, te réveiller trop tôt ou te sentir peu reposé le matin. Remarquer ce que tu vis est plus utile que de tout regrouper sous l’idée « je dors mal ».

Tu connais peut-être le « vélo dans la tête » : tu es couché, mais tu repenses à ta journée, à tes erreurs ou à ce qu’il reste à apprendre. Regarder l’heure et calculer le sommeil restant peut alors devenir une nouvelle source de tension.

Marquer la transition entre travail et repos

Essaie de donner une fin à ta journée de travail. Un rituel de coucher et un moment de relâchement peuvent t’aider à matérialiser cette transition. L’exercice « Passer en mode repos » est proposé dans cet esprit, par exemple avant la douche du soir.

Au coucher, tu peux porter tranquillement ton attention sur différentes zones du corps et chercher à relâcher les muscles, sans te fixer comme objectif de t’endormir immédiatement. L’idée est de laisser une place au repos, pas de vérifier à chaque instant si tu y arrives.

Si les difficultés de sommeil ou le stress persistent et pèsent sur ton quotidien, parles-en à un professionnel de santé.

Cette année peut être exigeante, mais tu disposes de plusieurs façons d’en prendre soin. Ton travail compte, tout comme ta capacité à récupérer et à demander du soutien. L’objectif n’est pas d’être parfait : c’est d’avancer avec davantage de stabilité et de confiance, et de donner le meilleur de toi-même.

Karine Fousson

Karine Fousson, sophrologue à Genève